Cela me fait penser au dilemme de Blanchot, qui est le suivant : "Si vous n'étiez pas là, je crois que je ne supporterais pas la fatigue. - Et toutefois j'y contribue aussi." Votre misanthropie, cher marquis de l'Orée, irait-elle jusque là ? Il faudrait bien sûr reprendre tout ce passage de Blanchot, page XIX de "L'Entretien infini". Irions-nous, tous, jusque là, "dans les limites humaines", dit aussi Blanchot ? Enigmatique retour à l'humanisme. Peut-être un moderne retour à Kant - ou à Rousseau, pour avancer des noms qui nous concernent ? Pure interrogation, cher marquis !
Cher Delarge, ma misanthropie passe par un dégoût de moi-même alternant avec une certaine fascination amusée. Et je lis tellement peu les philosophes. De temps à autre, je tombe en admiration devant telle ou telle phrase, et avec tant de ferveur que le développement qui suit me semble tout gâcher. Même s'il est toujours amusant de déceler les contradictions partout présentes. C'est par ailleurs ce qui m'a toujours fasciné chez ceux qui tentent d'ériger des systèmes: je les regarde s'épuiser à maintenir un échafaudage branlant avec un certain respect et, en même temps, je ne cesse de penser à cette sentence de Lichtenberg: "Mettre la dernière main à son oeuvre, c'est la brûler". Mais ma mauvaise foi n'a d'égale que ma paresse, je dois bien l'admettre !
Vous nêtes pas forcément "de mauvaise foi", cher marquis, au contraire vous considérez la philosophie d'un oeil particulièrement critique, et vous avez mille fois raison - et mille raisons pour cela ! Comme moi-même, du reste, qui suis très pyrrhonien, vous semblez aimer pour cela la pensée chinoise des Lao-tseu ou Chouang-tseu : manière de "philosopher" à mon humble avis supérieure, même si je suis parfois attiré par les apories de Maurice Blanchot dont je me délecte avec une morosité un peu masochiste.
Comment se porte la jolie et très spirituelle marquise ? Faites-lui mes amitiés !
Cher Delarge, en ce qui concerne les délectation masochistes, je ne suis pas en reste ! La taoïsme me fascine, et la préface d'Etiemble dans "La Pleïade" me réjouit à chaque relecture. J'y ajoute les apories de Samuel Beckett. Je connais mal Maurice Blanchot, mais sa "mauvaise réputation" m'incite à aller y jeter un oeil. Auriez-vous un titre à me conseiller ? Quant à la marquise, elle nous observe tous de loin en riant, et je lui donne raison dans tous les cas (tout en lui transmettant vos pensées). Je vous souhaite une excellente soirée, voire pire. Bien cordialement delorée
Cher marquis, vous me demander un titre pour commencer ce périple dans le monde blanchotien, qu'à la vérité, le lisant et relisant, on n'a jamais achevé de découvrir. C'est un monde difficile d'accès, sauf parfois les récits, qui cependant étonnent et bouleversent, même l'un des plus courts comme "La folie du jour". Mais à vous, cher marquis, adepte du fragment(aire), je recommanderai surtout "Le pas au-delà" (Gallimard, 1973). Il me semble que vous risquez peut-être de trouver votre bonheur dans cette forêt de "l'angoisse sédentaire", comme l'écrit à un moment Blanchot. Mais oui, faites cette expérience paradoxale avant de revenir au taoïsme; peut-être vous prendra-t-il le désir de nous en parler sur votre blog. Je serai attentif au moindre frémissement !
Cela me fait penser au dilemme de Blanchot, qui est le suivant :
RépondreSupprimer"Si vous n'étiez pas là, je crois que je ne supporterais pas la fatigue.
- Et toutefois j'y contribue aussi."
Votre misanthropie, cher marquis de l'Orée, irait-elle jusque là ? Il faudrait bien sûr reprendre tout ce passage de Blanchot, page XIX de "L'Entretien infini". Irions-nous, tous, jusque là, "dans les limites humaines", dit aussi Blanchot ?
Enigmatique retour à l'humanisme. Peut-être un moderne retour à Kant - ou à Rousseau, pour avancer des noms qui nous concernent ?
Pure interrogation, cher marquis !
Waaaaaah
RépondreSupprimerCher Delarge, ma misanthropie passe par un dégoût de moi-même alternant avec une certaine fascination amusée. Et je lis tellement peu les philosophes. De temps à autre, je tombe en admiration devant telle ou telle phrase, et avec tant de ferveur que le développement qui suit me semble tout gâcher. Même s'il est toujours amusant de déceler les contradictions partout présentes. C'est par ailleurs ce qui m'a toujours fasciné chez ceux qui tentent d'ériger des systèmes: je les regarde s'épuiser à maintenir un échafaudage branlant avec un certain respect et, en même temps, je ne cesse de penser à cette sentence de Lichtenberg: "Mettre la dernière main à son oeuvre, c'est la brûler". Mais ma mauvaise foi n'a d'égale que ma paresse, je dois bien l'admettre !
RépondreSupprimerBienvenue à l'Orée, Madame Thunder-V. !
RépondreSupprimerVous nêtes pas forcément "de mauvaise foi", cher marquis, au contraire vous considérez la philosophie d'un oeil particulièrement critique, et vous avez mille fois raison - et mille raisons pour cela ! Comme moi-même, du reste, qui suis très pyrrhonien, vous semblez aimer pour cela la pensée chinoise des Lao-tseu ou Chouang-tseu : manière de "philosopher" à mon humble avis supérieure, même si je suis parfois attiré par les apories de Maurice Blanchot dont je me délecte avec une morosité un peu masochiste.
RépondreSupprimerComment se porte la jolie et très spirituelle marquise ? Faites-lui mes amitiés !
Cher Delarge, en ce qui concerne les délectation masochistes, je ne suis pas en reste !
RépondreSupprimerLa taoïsme me fascine, et la préface d'Etiemble dans "La Pleïade" me réjouit à chaque relecture. J'y ajoute les apories de Samuel Beckett. Je connais mal Maurice Blanchot, mais sa "mauvaise réputation" m'incite à aller y jeter un oeil. Auriez-vous un titre à me conseiller ?
Quant à la marquise, elle nous observe tous de loin en riant, et je lui donne raison dans tous les cas (tout en lui transmettant vos pensées).
Je vous souhaite une excellente soirée, voire pire.
Bien cordialement
delorée
Cher marquis, vous me demander un titre pour commencer ce périple dans le monde blanchotien, qu'à la vérité, le lisant et relisant, on n'a jamais achevé de découvrir. C'est un monde difficile d'accès, sauf parfois les récits, qui cependant étonnent et bouleversent, même l'un des plus courts comme "La folie du jour". Mais à vous, cher marquis, adepte du fragment(aire), je recommanderai surtout "Le pas au-delà" (Gallimard, 1973). Il me semble que vous risquez peut-être de trouver votre bonheur dans cette forêt de "l'angoisse sédentaire", comme l'écrit à un moment Blanchot. Mais oui, faites cette expérience paradoxale avant de revenir au taoïsme; peut-être vous prendra-t-il le désir de nous en parler sur votre blog. Je serai attentif au moindre frémissement !
RépondreSupprimer