vendredi 14 juillet 2017

       Les mots tiennent ensemble le temps d’une phrase puis ils se séparent. Ne subsiste alors que l’émotion procurée par la disparition de cette phrase. Ensuite, si l’on écoute avec attention les mots qui restent, un à un, ils éclatent en lettres séparées qui elles aussi se dispersent. Et nous restons là, enivrés de rien sous un ciel parsemé de points lumineux illisibles.

(1502)


La Brouette enchantée (vue intermédiaire)

12 commentaires:

  1. Il y a des mots qu'on adore prononcer. L'effet qu'ils font dans la bouche. Je me souviens d'une interview de Luchini par Daniel Bilalian. Luchini, très déroutant, venu d'ailleurs, disait à un moment : « J'adore dire votre nom Bi-la-lian », en détachant bien les syllabes. Bi-la-lian.
    Et c'était vrai, nous tous découvrions que nous aimions prononcer ce nom. Bi-la-lian.
    Et que c'était ça l'important.

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  2. Le problème avec les mots c'est qu'ils ont un sens. Ils veulent tous dire quelque chose. Il suffit d'ouvrir un dictionnaire pour qu'ils étalent leur définition. Il faut donc les pulvériser façon puzzle ou suivre le commentaire de Sainte Catherine.
    Nous sommes quelques-uns à écouter couiner la roue avant de la brouette enchantée version définitive.👂

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    1. Une brouette avec une roue arrière...Voilà qui aurait de la gueule!
      Françoise.

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    2. Quand j'entends parler de version définitive, me vient immédiatement en tête cette phrase de Lichtenberg:

      "Mettre la dernière main à son oeuvre, c'est la brûler."

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    3. Très vite, J'ai dessiné jadis (l'absence de perspective est mon royaume) une carte de l'orée au Nord-Est inversé. La carte est là.
      La roue "avant" de la brouette c'était fait exprès . La machine à broyer les végétaux : elle me plaît cette broyeuse. Je veux la même.

      Le grand feu de l'orée, les brouettes numérotées, etc. Tout est lié.

      Vous avez fait le récit du grand feu de l'orée ici même / J'aime sa brouette / Sa tondeuse / j'aime sa machine qui coupe la paille/ Ah !celle-là : L'âme des vieux soleils s'allume emmaillotée dans ces tresses d'épis où fermentaient les grains / Il ne parle pas du bois raméal fragmenté mais il parle bien de l'humus / Je pense à vos brouettes numérotées : de l'humus aussi / J'aime quand vous parlez de lui en comédien / 3 mètres au dessus du niveau de la mer / Compost, donc.

      Ah ! Les livres d'aventures de mon enfance : écrire et lire, lire et écrire un livre d'aventure de mon enfance plutôt que ce commentaire même pas drôle, qui ne veut même pas rien dire. L'épisode du grand feu de l'orée, vu d'ici, c'est ça un livre d'aventure de mon enfance.

      Je vous présente mes excuses : je ne le ferai plus. mais je composterai toujours (voyez ça recommence).

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    4. Si ça finissait, ce serait vraiment horrible. Surtout, je vous en prie, ne finissez jamais.

      Pourtant, si ça finissait, ce serait peut-être enfin très réussi.

      Sans fin, la chute, je vous en prie, Ô Suzerain de l'Absence de Perspective.

      Brouettes in vivo, Oreilles, II, 17

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  3. "Tu dois savoir mon esprit que l'homme est né glorieux
    ils trouveront avec raison qu'il n'y a ni orthographie ni virgule
    encore moins de voyelles de consonnes et pleine de lacunes
    ils diront que tu es mon esprit un mauvais ecrivailleur
    que tu fais connaître et tes défauts et tes erreurs
    tu vois que tes paperasses sont remplies d'errata
    Crois-moi brise tout et brûle tous ces fatras
    C'est l'idée de Menetra"
    Tiré du "Journal de ma vie" de Jacques-Louis Menetra, compagnon vitrier du 18e siècle.

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    1. Cela me rappelle que j'ai toujours aimé le mot vitrier, et que je ne saurai jamais pourquoi, mais peu importe.

      Si on savait exactement pourquoi on aime, on n'aimerait plus, probablement.

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  4. Merveilleuse prose !
    Si nous ne pouvions croiser que des Beckett ; pas, peu alors de mots mais déjà parsemés dans un ciel étoilé.

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    1. Merci, Anonyme.

      Juste une petite chose : choisissez donc un surnom avant de poster votre commentaire, c'est tellement plus joli... Grand merci !

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  5. Mon très cher marquis je suis enivrée jusqu’à la larme tous les mots ce sont contenus dans mon cœur et dans ma tête sans ma grimace à la fin de votre chute. Si vous étiez à ma portée de bras je me glisserai dans les votre et vous ferez un adorable effleurement de votre joue. Oui. Pure poésie et quel charme et hyper réalité. Je vous adore vous le savez. Mon veilleur d’endormissement du contenant du globe cérébrale. Vive les chévres , j’en suis une par mon signe astral.
    Votre Duchesse de Pain

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    1. Très chère Duchesse, je suis d'autant plus touché par votre commentaire que votre choix de citations sur votre blog est bien souvent des plus judicieux.

      Ceignons-nous à nouveau, voulez-vous ?

      Et que ne doux.

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