jeudi 30 novembre 2017

                                  

                                                           Source - Les-crises.fr
   S’il était une époque bénie, c’était celle où j’étais au chômage. Tôt le matin, j’étais réveillé par les voisins qui partaient au travail. Je prenais un calmant, me recouchais immédiatement et me réveillais vers midi pour me rendre à la boulangerie sur mon vieux vélo rouillé.
    « Vous êtes un sage », me disait le menuisier - ce qui était le contraire de la vérité, mais jamais un chômeur ne doit contredire un travailleur, celui-ci est déjà suffisamment contrarié.

(1679)

 

Document - L'Éther

   Tirer chaque jour deux bouffées d’une cigarette sans filtre est une façon d’accéder à la plénitude. C’est un honnête palliatif pour les jours de solitude uniquement, car personne ne peut contredire William Burroughs lorsqu’il écrit que l’amour est l’analgésique le plus naturel qui soit.
    (Ne pas se priver non plus d’une prise de cent vingt-cinq milligrammes d’aspirine en soirée.)

(1676)



Chèvre Catin, post-humain

vendredi 24 novembre 2017

   Prenez un parangon de sagesse, celui qui a consumé dans l’étude des sciences son enfance et sa jeunesse, et perdu son plus bel âge en veilles, soucis, labeurs sans fin, et, le reste de sa vie, s’est privé du moindre plaisir ; il fut toujours parcimonieux, gêné, morne, assombri, sévère et dur pour soi-même, assommant et insupportable pour autrui, pâle, maigre, valétudinaire, chassieux, usé de vieillesse, chauve avant l’âge, voué à une mort prématurée. Qu’importe, au reste, qu’il meure, puisqu’il n’a jamais vécu ! Vous avez là le joli portrait du sage.

 (Érasme)


mercredi 22 novembre 2017

   Je pensais à une phrase d'un poème aztèque que j'ai lu il y a des dizaines d'années : « Que nous soyons venus sur cette terre pour y vivre n'est pas vrai : nous sommes venus, mais pour dormir, rêver. » J'ai longtemps aimé cette phrase, bien que je ne sache pas si je la comprends totalement. Mais peut-être est-ce là la question. (…)

(Derrick Jensen)


   La plus élaborée des sociétés humaines, permettant à chacun de vivre selon ses goûts en toute tranquillité, sera forcément promise au chaos par l’extravagance du désir sexuel, qui mène tout droit aux plus exquises des sorties de route.
    Il sera toujours préférable d’être affolé plutôt que d’être ennuyé ou inquiet.

(1681)


Cosmos et chaos


mardi 21 novembre 2017

   Les hommes passent le plus clair de leur temps à échanger des opinions, à la fois par manque de clairvoyance - les opinions varient sans cesse tout au long d’une vie -, et par peur d’envisager l’inanité de chacune de ces opinions. 
    À force de s’exprimer, les hommes croient pouvoir s’améliorer. Or, c’est tout le contraire qui se passe : plus les opinions se multiplient et plus les hommes attentifs deviennent malades.
    Il faut être sérieusement dérangé pour avoir le désir de s’exprimer avec sérieux, et complètement insensé pour prétendre offrir une solution aux souffrances causées - précisément - par la pensée.
    Cependant, il ne faut nullement mépriser toutes les voix : de temps à autre, par hasard et comme par magie, une phrase nous frappe et provoque une dislocation bienvenue, une sorte d’effacement partiel de notre mémoire encombrée.
    Comme celle-ci, par exemple, écrite par Jean Rostand, et qui ne me quitte jamais :

    « Ne pas ajouter à la démence du réel, la niaiserie d’une explication. »

    Il est quelquefois possible de retrouver un peu de fraîcheur mentale, à condition d'être atteint au bon moment par un trait de génie.


(1680)


 

Rares sont les bonnes feuilles,

dit Chèvre Nina

dimanche 19 novembre 2017

   Un endroit est agréable quand il réussit à marier fruits et fleurs, légumes et lianes, vieilles dames ironiques et jeunes femmes sportives semi-dénudées. Fais de ton jardin une agroforêt et de ton nid une étoile fuyante, offre des caresses à tes amies de passage et enivre-toi de tout avec Omar Khayyam.

(1678)


Réfection rue Oudinot