jeudi 9 novembre 2017

   Le chant de la corneille dans le brouillard automnal n’est pas sinistre, bien au contraire. Lorsqu’il monte, j’ai l’impression d’entendre un véritable ami - forcément sarcastique - qui me parle de l’essentiel :
    « Tes actions sont ridicules ! Ta vie est stupide. Regarde à quel point tu es inconscient… Idiot ! Être humain ! »
    Poussant ma brouette malgré tout, je lui réponds de vive voix :
    « Es-tu sûr, vieux camarade ? Nous mourrons tous sans savoir si ceci est préférable à cela, et si mourir seul, en fin de compte, n’est pas la plus belle des aventures, avec l’amour à mort, bien évidemment. »
    Ensuite, je ris de bon cœur en visionnant la scène de mon troisième œil, lequel se joint à l’oiseau pour m’abattre en plein discours, sous le regard étonné de quelques chèvres qui se demandent pourquoi je tente de m’exprimer, alors qu’il suffit simplement de danser.

(1672)


Oreilles de l'automne

4 commentaires:

  1. La corneille est vraiment amusante, je ris à chaque fois que je la lis.
    elly

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    1. Enfin quelqu'un qui arrive à lire la Corneille en automne...

      Miracle !


      Et hop : je dors.

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    2. Ce que vous savez faire à merveille, cher Marquis, en ce lieu entre rêve et sommeil (entre jardin persan et jardin chinois) : lire dans les pensées automnales de la Corneille, avec vos grandes oreilles !
      Et hop, je file.

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    3. Oreilles filantes dans un ciel versatile, chère Elly.

      Vous filez, et hop!

      Je dors.

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