mercredi 7 mars 2018

    Le livre est un objet étrange. Il conserve les odeurs des endroits où l’on a vécu avec lui.
    Dans les miens se trouvaient des annotations - âneries-, des renvois vers d’autres écrivains, et de fréquents désaccords avec l’auteur ponctués sévèrement.
    Certains livres trouvés autrefois dans de profonds cartons d’antiquaires* portaient des dédicaces à des inconnus - nos meilleurs amis nous sont inconnus -, et il me plaisait d’observer longuement ces inscriptions, pour chercher à détecter dans le ton et la calligraphie la sincérité des relations entre les correspondants.

    Ensuite vint l’incendie.

    Lorsqu‘on rachète un livre que l’on a perdu, il est comme mort. Les mots sont toujours là, étincelants, mais sensiblement plus froids. Il faut caresser longuement les pages et les relire plusieurs fois pour leur rendre vie.

    *L’antiquaire, et tout spécialement le spécialiste des beaux livres, est un homme effroyable. Il porte une barbe parfumée et vous toise depuis son étal de luxe. Les intellectuels le nomment bouquiniste et apprécient beaucoup leur conversation.

(1724)

 

Ancien amateur de lecture

1 commentaire:

  1. Un jour, vous avez relaté l'histoire du grand incendie de l'orée : je cherche, je cherche, je cherche : Marquis où se trouve votre récit du grand incendie de l'orée ?

    Le grand poêle à bois en fonte : voilà seul ce qui était sauvé.

    Il y avait les lances à incendie des pompiers.

    La nuit.

    Le matin.

    L'effondrement.

    Je voudrais relire ce texte.

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