samedi 6 février 2021

   Est-il rien de plus sinistre qu’une conversation de table d’hôte ? J’ai vécu dans les hôtels, j’ai subi l’âme humaine qui se montre dans toute sa platitude. Il faut vraiment être bien résolu à la suprême indifférence pour ne pas pleurer de chagrin, de dégoût et de honte quand on entend l’homme parler. L’homme, l’homme ordinaire, riche, connu, estimé, respecté, considéré, content de lui, il ne sait rien, ne comprend rien et parle de l’intelligence avec un orgueil désolant.

   (...)

   Il me semble que je vois en eux l’horreur de leur âme comme on voit un fœtus monstrueux dans l’esprit-de-vin d’un bocal. J’assiste à la lente éclosion des lieux communs qu’ils redisent toujours, je sens les mots tomber de ce grenier à sottises dans leurs bouches d’imbéciles et de leurs bouches dans l’air inerte qui les porte à mes oreilles.

(Guy de Maupassant)

  



10 commentaires:

  1. Très cher Marquis vous nous avez dégotté un texte ce cher Maupassant qui me rit si bien qui a tant souffert de la dépression, c’est la justesse de son propos qui me fait penser dans mes univers médicalisé, et encore….
    Si juste la betisee fatigue tant, et parfois l’orgueil qui la porte.
    Merci mon cher marquis Ca me fait du bien très fort.
    Pour la question de vos poulets vous qui etes souffrant en ce moment il les vaut mieux dejà fait, surveiller la chaleur mettre une lampe même la nuit c’est aussi complexe je crois que de faire pousser du cannabis.
    Mais c’est petites tâches jaunes qui se promènent partout comme des boules de mimosas détachés de leur branche , et la générosité de la maman qui les couvre de ses ailes pour les réchauffer si en plus votre poules et votre coq vous les aimer. Ne vous priver surtout pas de ce plaisir, nous manquons tant de choses de plaisir celui – là peut en être un. et les petits cris de leur petits gosiers la douceur de leur duvet.. Petite j’étais missionnée par mon grand père et ma mémé de m’occuper de la couvée. Le magnifique moment où la coquille éclate et vous voyez cette nouvelle venue à la vie. Ceux qui étaient faibles je leur donnais la « beckée » (je ne connais pas la vie de Beckett avec sa mère mais la béquée)
    avec une sorte de seringue au bout épais et je leur faisait une sorte de bouillie, je me levais même la nuit dés que j’entendais un petit cri.

    Je vous embrasse très fort très cher Marquis de l’Orée c’est votre disponibilité qui fera votre choix.La duchesse de Pain

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    1. Très chère Duchesse, votre passage sur mes terres rafraîchit à chaque fois l'atmosphère.

      Soyez bénie entre les Oreilles

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  2. Si on m'avait posé la question, j'aurais probablement compris "des poussins ou bien des poulets des marais ?", mais j'aurais été tout autant perplexe.
    Bien à vous chers Marquis et Duchesse

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  3. Bonsoir cher Marquis,

    Un problème éditorial ?

    Je commence à m'inquiéter de votre silence :)

    Bien à vous,

    M.

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  4. C'est dur d'être esseulé. Morose.
    Le numéro que j'ai demandé n'est plus attribué.
    Je ne suis pas tombé sept fois. Juste une.
    Je ne m'en suis jamais relevé.
    Où est le Marquis de l'Orée ?
    https://youtu.be/BHABchXljEc
    M.

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    1. Je n'ai pourtant pas bougé d'un nanomètre depuis toujours...

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    2. c'est un peu l'histoire de ma vie. Mes bouteilles à l'amer sont et seront toujours "d'un âne au Maitre, depuis toujours."

      Tout le monde n'est pas Cézanne, nous nous contenterons de peu.

      J'ai enfin trouvé votre livre en librairie ! Il en restait un, je l'ai acheté :) Du coup je suis tout heureux.

      Pourtant je reviens de loin ! J'ai commencé ma carrière de lecteur d'une façon quelque peu marginale. On ne lisait pas trop chez moi. Je me souviens encore de cette vieille tante éloignée, veuve précoce, qui, elle, se graissait les yeux et le coeur avec la collection Harlequin. Sa bibliothèque était impressionnante. Il se trouve que nous étions souvent amené à lui rendre visite à une période et, mino, je trouvais que sa collection forçait le respect. Voilà une femme qui lisait ! J'avais une sorte d'admiration naïve pour l'écrit, et ceux qui le pratiquait. Je me rappelle lui en avoir piqué un, une fois, pour voir. Je ne me souviens plus de l'histoire sentimentale que j'y trouvais mais tout de même, cette femme me donna le goût du romanesque.

      Puis un long parcours pour arriver à votre opuscule réjouissant :) Vivement de le recevoir !

      https://youtu.be/D91XtOykFg4

      M.

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    3. L'époque est surprenante à plus d'un titre: le lecteur se trouve en possession d'un livre que l'auteur n'a pas encore tenu en main.

      "Votre livre est en cours de fabrication" est-il mentionné.

      Il faut se réjouir: l'auteur aura bientôt disparu et l'algorithme livrera sans coup férir un recueil sans auteur.

      Hourrah , Oreilles et bonne sieste à vous, cher Maxime.

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