Vous savez Marquis que je ne suis pas un homme très intelligent ni très cultivé mais mon professeur de littérature, puis de philosophie, m'a appris, dans ma jeunesse, quelques petits trucs. A me méfier, par exemple, des ruses du langage. Du sens que l'on donnerait "à priori", à première vue, aux choses, aux mots, aux situations. A propos de Flaubert, il écrivit un jour dans un de mes devoirs : "Méfiez-vous avec Flaubert : il tue quand on croit qu'il caresse !" De ces années-là, j'ai gardé le doute, perpétuel, une incapacité chronique à la confiance et au laisser-aller et une encombrante paranoïa. Je me force le plus souvent à me laisser amadouer, domestiquer par ceux qui prétendent m'aimer, on a tous tellement besoin d'amour, mais je reste tout le temps sur mes gardes, guettant la catastrophe, le moment où la tromperie, la traitrise me sera dévoilée. C'est un handicap qui isole de ne pouvoir s'abandonner vraiment, avec confiance et sérénité, à l'autre. Comme si sous l'oreiller des amants se cachait toujours une arme fatale. Quand je lis votre phrase : "est le premier signe de" que l'on emploie le plus souvent pour la sénilité, je me demande donc, s'il n'y a pas là un piège... Vous me connaissez, quand il y a un piège ostensiblement tendu c'est Maxou, comme un jeune chien fou, qui y saute dedans à pieds joints. J'ai toujours été comme ça. Je ne sais pas juger lucidement des choses. Le temps, semblerait-il, ne fait rien à l'affaire comme le chantait Brassens - et même en se méfiant beaucoup - quand on est bête, on est bête :) Max.
Vous savez Marquis que je ne suis pas un homme très intelligent ni très cultivé mais mon professeur de littérature, puis de philosophie, m'a appris, dans ma jeunesse, quelques petits trucs. A me méfier, par exemple, des ruses du langage. Du sens que l'on donnerait "à priori", à première vue, aux choses, aux mots, aux situations. A propos de Flaubert, il écrivit un jour dans un de mes devoirs : "Méfiez-vous avec Flaubert : il tue quand on croit qu'il caresse !" De ces années-là, j'ai gardé le doute, perpétuel, une incapacité chronique à la confiance et au laisser-aller et une encombrante paranoïa. Je me force le plus souvent à me laisser amadouer, domestiquer par ceux qui prétendent m'aimer, on a tous tellement besoin d'amour, mais je reste tout le temps sur mes gardes, guettant la catastrophe, le moment où la tromperie, la traitrise me sera dévoilée. C'est un handicap qui isole de ne pouvoir s'abandonner vraiment, avec confiance et sérénité, à l'autre. Comme si sous l'oreiller des amants se cachait toujours une arme fatale.
RépondreSupprimerQuand je lis votre phrase : "est le premier signe de" que l'on emploie le plus souvent pour la sénilité, je me demande donc, s'il n'y a pas là un piège... Vous me connaissez, quand il y a un piège ostensiblement tendu c'est Maxou, comme un jeune chien fou, qui y saute dedans à pieds joints. J'ai toujours été comme ça. Je ne sais pas juger lucidement des choses. Le temps, semblerait-il, ne fait rien à l'affaire comme le chantait Brassens - et même en se méfiant beaucoup - quand on est bête, on est bête :)
Max.