C'est tellement vrai ce que dit Bertrand Russel. Nous en discutons quelquefois avec un ami, amateur d'art "classique" (Caravage, Raphaël, Michel-Ange...). Le faste, le pompeux, le luxe, la force de l'église et l'amour de la faiblesse, la philosophie du dénuement de Jésus... J'ai toujours imaginé le Christ comme un fou merveilleux. Le premier Schizophrène. Un psychotique de génie qui, rien que ça, se pensait le fils de Dieu. Avec un génie tel qu'il a carrément remis les compteurs de l'histoire à zéro. J'imagine cet homme, habité par un verbe fiévreux et révolutionnaire, errer dans les rues, en parlant, parlant, entrainant les manants, les enfants après lui. Racontant, comme ça, sa fable d'amour et de vent. Suivi aussi de loin par ceux qui deviendront plus tard ses "apôtres" et qui, n'en manquant pas une miette, mesuraient le génie en oeuvre. Cet homme, cette sorte de marginal, de hippie sans apôtres, qui se moquait de l'argent, du pouvoir et des hommes je l'imagine comme ça. Un jeune fou qui disait aux hommes, malheureux et opprimés, que tout cela n'avait pas d'importance, et qu'il fallait s'aimer quand même. Un agitateur qui, par sa seule parole, a fait trembler la puissante Rome... Rendez-vous compte de la puissance et sûrement de la poésie insensée de sa parole. Je l'imagine très beau, charismatique, homme à femme, dormant dehors, parlant avec la nuit. Un vagabond, un clochard magnifique, et là, pour le coup, oui : céleste. Je ne sais pas si je suis dans le vrai mais je m'en fiche, c'est comme cela que j'aime me le représenter, loin, très loin du faste du Vatican et de tous ses représentants. Max.
Ce qui est amusant, c’est que le mot « Église » est lié au verbe grec ekkaleô : « appeler dehors ».
Quand on y pense, c’est presque un paradoxe. Le mot qui évoque aujourd’hui une institution désignait d’abord un appel à sortir.
Et cela résonne étrangement avec le message de Jésus, qui invitait sans cesse à sortir des certitudes, des appartenances, des exclusions et des habitudes.
PS : Quant au Jésus de Max … je crois que j’en aurais bien fait un pote.
En effet, le Jésus de Max est un chic type — Max aussi, même s'il lui arrive d'être exaspérant, mais vous, et moi, Jésus et les autres nous portons en nous tant de types de caractères...
«Eh bien, oui, je le répète à la face du monde : toute “organisation” ne profite et ne profitera jamais qu’aux organisateurs! Voilà ce que je veux “conter” encore avant de mourir. Tous ceux qui veulent faire de l’homme la bête d’un troupeau, sont ses assassins.»
Oncle Léon, quant à lui, a enfoncé le coin bien plus profond que notre terre à terre tonton Russell, en montrant dans Le pouvoir des clés par quel tour de passe-passe l'Église avait mis Dieu sous l'empire de la Raison, et ainsi capté le droit de tout trancher le concernant. Or, de fait, toute les mystiques (chrétienne, soufie, hindoue, bouddhiste, etc.) dissolvent la Raison, son vain bazar logique et ses mots de fer, dans l'Amour. Bien que marchant sur des œufs, combien la pauvre Marguerite Porete fit logiquement les cruels frais de «l'organisation».
Vers la fin de sa vie, ce bon vieux Bertrand avait tout de même admis qu'il ne savait plus trop quoi exactement penser. Un bon point pour cet honnête homme ! Et hop.
Je m'entends quand même bien mieux avec Oncle Paul, de l'autre côté de la famille, Contre la méthode et Adieu la Raison. Trancher à quelle condition Dieu aura le droit d'exister est tout de même un passe-temps assez cocasse quand on voit le peu de gain acquis par la science sur l'essentiel au lieu de troquer, et avec quel triomphal tapage, les vieux malheurs contre de nouveaux, tout beaux, tout neufs, en série automatisés, connectés, promis bientôt décarbonés et plus encore à la prochaine rilize. "Le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux possédant la connaissance de ce qui est bon ou mauvais" a dit le Serpent — et toute la SSSSScience à sa traîne sans même qu'Hiroshima suffise à la faire maudire à son tour.
Mal barrés comme toute chose dans ce monde transitoire. Le surplus de malheur humain étant de l'ignorer et donc accumuler, s'agripper, etc.
Pour la mélodie, je l'ai dénichée dans un documentaire fort émouvant où elle était fort à sa place (sinking alone): https://www.arte.tv/fr/videos/110267-000-A/d-pour-distance/
Je m'étais pourtant laissé dire que la Belgique était en Europe. Et avec un petit peu de chance: http://arteptweb-a.akamaihd.net/am/ptweb/110000/110200/110267-000-A_SQ_0_VF-STF_11179047_MP4-2200_AMM-PTWEB-101184322610320_VvcL6Znsnt.mp4 ?
Frankie . J écoute. J observé vos dires vos images. Merci de cette subtile conversation. L anamorphose du Christ doc Maxou. Après la lecture du psychiatre Ve'psuchiatre devenue critique d'art grand ami de Bonnefoie Yves. L allais le écouter au collège de France... Je perds mes mots. C est lanpremier que j entends ou lit une telle anameses sur notre Christ. Le psychiatre Suisse devenue critique littéraire Jean Starobinski. Sa these La Mélancolie Aussi fort que le tableau de Durer lui donnant forme dans une sublime abstraction.. Merci de La duchesse. Bravo. Je reviendrai relire. Merci des voies multiples. Sujets très sanglants ....
C'est tellement vrai ce que dit Bertrand Russel. Nous en discutons quelquefois avec un ami, amateur d'art "classique" (Caravage, Raphaël, Michel-Ange...). Le faste, le pompeux, le luxe, la force de l'église et l'amour de la faiblesse, la philosophie du dénuement de Jésus...
RépondreSupprimerJ'ai toujours imaginé le Christ comme un fou merveilleux. Le premier Schizophrène. Un psychotique de génie qui, rien que ça, se pensait le fils de Dieu. Avec un génie tel qu'il a carrément remis les compteurs de l'histoire à zéro. J'imagine cet homme, habité par un verbe fiévreux et révolutionnaire, errer dans les rues, en parlant, parlant, entrainant les manants, les enfants après lui. Racontant, comme ça, sa fable d'amour et de vent. Suivi aussi de loin par ceux qui deviendront plus tard ses "apôtres" et qui, n'en manquant pas une miette, mesuraient le génie en oeuvre. Cet homme, cette sorte de marginal, de hippie sans apôtres, qui se moquait de l'argent, du pouvoir et des hommes je l'imagine comme ça. Un jeune fou qui disait aux hommes, malheureux et opprimés, que tout cela n'avait pas d'importance, et qu'il fallait s'aimer quand même. Un agitateur qui, par sa seule parole, a fait trembler la puissante Rome... Rendez-vous compte de la puissance et sûrement de la poésie insensée de sa parole. Je l'imagine très beau, charismatique, homme à femme, dormant dehors, parlant avec la nuit. Un vagabond, un clochard magnifique, et là, pour le coup, oui : céleste.
Je ne sais pas si je suis dans le vrai mais je m'en fiche, c'est comme cela que j'aime me le représenter, loin, très loin du faste du Vatican et de tous ses représentants.
Max.
Oui, le contraire d'un "homme d'église"...
RépondreSupprimerCe qui est amusant, c’est que le mot « Église » est lié au verbe grec ekkaleô : « appeler dehors ».
SupprimerQuand on y pense, c’est presque un paradoxe. Le mot qui évoque aujourd’hui une institution désignait d’abord un appel à sortir.
Et cela résonne étrangement avec le message de Jésus, qui invitait sans cesse à sortir des certitudes, des appartenances, des exclusions et des habitudes.
PS : Quant au Jésus de Max … je crois que j’en aurais bien fait un pote.
En effet, le Jésus de Max est un chic type — Max aussi, même s'il lui arrive d'être exaspérant, mais vous, et moi, Jésus et les autres nous portons en nous tant de types de caractères...
Supprimerça m'angoisse terriblement que vous me trouviez quelquefois exaspérant...
SupprimerMaxou :-)
XD
SupprimerOncle Panaït a fort bien généralisé la chose:
RépondreSupprimer«Eh bien, oui, je le répète à la face du monde : toute “organisation” ne profite et ne profitera jamais qu’aux organisateurs! Voilà ce que je veux “conter” encore avant de mourir. Tous ceux qui veulent faire de l’homme la bête d’un troupeau, sont ses assassins.»
Oncle Léon, quant à lui, a enfoncé le coin bien plus profond que notre terre à terre tonton Russell, en montrant dans Le pouvoir des clés par quel tour de passe-passe l'Église avait mis Dieu sous l'empire de la Raison, et ainsi capté le droit de tout trancher le concernant. Or, de fait, toute les mystiques (chrétienne, soufie, hindoue, bouddhiste, etc.) dissolvent la Raison, son vain bazar logique et ses mots de fer, dans l'Amour. Bien que marchant sur des œufs, combien la pauvre Marguerite Porete fit logiquement les cruels frais de «l'organisation».
Pauvre Marguerite — que je ne connaissais pas. Merci
SupprimerVers la fin de sa vie, ce bon vieux Bertrand avait tout de même admis qu'il ne savait plus trop quoi exactement penser. Un bon point pour cet honnête homme ! Et hop.
RépondreSupprimerJe m'entends quand même bien mieux avec Oncle Paul, de l'autre côté de la famille, Contre la méthode et Adieu la Raison. Trancher à quelle condition Dieu aura le droit d'exister est tout de même un passe-temps assez cocasse quand on voit le peu de gain acquis par la science sur l'essentiel au lieu de troquer, et avec quel triomphal tapage, les vieux malheurs contre de nouveaux, tout beaux, tout neufs, en série automatisés, connectés, promis bientôt décarbonés et plus encore à la prochaine rilize. "Le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux possédant la connaissance de ce qui est bon ou mauvais" a dit le Serpent — et toute la SSSSScience à sa traîne sans même qu'Hiroshima suffise à la faire maudire à son tour.
Supprimerhttps://www.youtube.com/watch?v=fs1sRHUQOgc
Avec ou sans Dieu ou la science, nous sommes mal barrés... Quoi de plus humain ?
RépondreSupprimerEt jolie mélodie, merci...
RépondreSupprimerMal barrés comme toute chose dans ce monde transitoire. Le surplus de malheur humain étant de l'ignorer et donc accumuler, s'agripper, etc.
SupprimerPour la mélodie, je l'ai dénichée dans un documentaire fort émouvant où elle était fort à sa place (sinking alone): https://www.arte.tv/fr/videos/110267-000-A/d-pour-distance/
(Argh! "tous beaux, tous neufs")
"Ce programme n'est pas disponible dans votre pays" ...
RépondreSupprimerJe m'étais pourtant laissé dire que la Belgique était en Europe. Et avec un petit peu de chance: http://arteptweb-a.akamaihd.net/am/ptweb/110000/110200/110267-000-A_SQ_0_VF-STF_11179047_MP4-2200_AMM-PTWEB-101184322610320_VvcL6Znsnt.mp4
Supprimer?
Difficile de tenir parce que ce petit garçon me fait penser à quelqu'un... Je réessaierai.
SupprimerFrankie . J écoute. J observé vos dires vos images.
SupprimerMerci de cette subtile conversation.
L anamorphose du Christ doc Maxou.
Après la lecture du psychiatre
Ve'psuchiatre devenue critique d'art grand ami de Bonnefoie Yves. L allais le écouter au collège de France...
Je perds mes mots. C est lanpremier que j entends ou lit une telle anameses sur notre Christ.
Le psychiatre Suisse devenue critique littéraire Jean Starobinski. Sa these La Mélancolie
Aussi fort que le tableau de Durer lui donnant forme dans une sublime abstraction..
Merci de La duchesse.
Bravo.
Je reviendrai relire.
Merci des voies multiples. Sujets très sanglants ....